Journée d’échanges « La grève des 100 000 : le mouvement ouvrier en action en pleine occupation »

En mai 2026, nous célébrerons le 85e anniversaire de la “grève des 100.000”, déclenchée à Liège en mai 1941. Le 10 mai 1941, un an après l’invasion nazie, des mineurs se mettent en grève à Seraing. Parti d’un mouvement de femmes protestant contre les pénuries alimentaires, le conflit s’étend rapidement à l’ensemble du bassin industriel liégeois, puis ailleurs, jusqu’au nord de la France. Malgré l’interdiction des grèves, le mouvement dure 21 jours et obtient une augmentation salariale de 8%, un fait unique durant l’Occupation.

Il s’agit du plus grand conflit social de toute l’occupation. Le mouvement a été initié par un cortège de femmes à Cockerill exactement un an après l’invasion du pays, exprimant leur mécontentement face à la pénurie de pommes de terre. Après 21 jours, il a débouché sur une victoire : une augmentation salariale de 8%.

L’histoire et l’analyse sociale de la guerre, tout comme la commémoration de cet événement et, plus largement, des conflits sociaux durant la Seconde Guerre mondiale, permettent de dépasser le seul cadre des états-majors, des gouvernements et des batailles, en rappelant que la guerre ne suspend jamais totalement les luttes sociales et en mettant en lumière le rôle joué par le monde du travail, ainsi que par les femmes en son sein. Même en période d’« union sacrée », la société demeure traversée par des inégalités accrues, des conflits du travail et des tensions politiques. L’intérêt d’un retour sur ces combats dépasse largement le seul devoir de mémoire. Il offre des clés de lecture pour comprendre les conflits contemporains et leurs dimensions sociales, tout en redonnant une place aux voix longtemps marginalisées ou oubliées. 

À l’heure où les guerres occupent de nouveau le devant de l’actualité, nous souhaitons rappeler cet épisode marquant mais méconnu, tout en revenant plus largement sur les formes de conflictualité sociale en temps de guerre.

Programme de la journée :

o 9h30 – 10h : Accueil
o 10h – 10h20 : Ouverture de la journée : « Conflictualités sociales durant la Seconde Guerre mondiale : continuité ou rupture ? »
o 10h20 – 12h : « En guerre et en grève. Enquêtes dans les cités minières britanniques 1939-1945) », avec Ariane Mak, autrice.
o 12h – 13h00 : Pause midi
o 13h – 15h45 : « La grève des 100.000, un soulèvement ouvrier sous l’Occupation », par Jules Pirlot (Centre des archives communistes, pacifistes, de solidarité internationale et de lutte contre le colonialisme et l’apartheid, en Belgique – CArCoB)
o 15h00 – 15h15 : Pause
o 15h15 – 16h30 : « Survivre, revendiquer, reconstruire : les conquis sociaux d’aprèsguerre » – Table ronde avec : Francine Bolle, Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG), Ariane Mak, Maîtresse de conférences, Université Paris Cité, Jules Pirlot, historien, président du CArCoB

Où ? Auberge Georges Simenon (Rue Georges Simenon 2, 4020 Liège)

Inscriptions souhaitées : enguerreetengreve@gmail.com – 0485/05.86.39 – N°de compte : BE32 0011 8386 5802 – Évènement Facebook

Il est possible de manger un repas sur place, pour 13 euros (à préciser lors de l’inscription, un repas végétarien est également possible).