Vidéo de la conférence + article « L’espéranto, une langue commune pour la gauche de demain ? », avec Tabatha Fabri et Kristin Tytgat le jeudi 13 novembre 2025

Le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches a organisé le 13 novembre 2025 à l’ULB à Bruxelles son second séminaire de l’année : « L’espéranto, une langue commune pour la gauche de demain ? La vidéo est désormais disponible sur notre playlist Youtube et ci-dessous.

Un bref article sur le séminaire a été rédigé par Monsieur Eric Nemes, membre de Liège Espéranto (Groupe liégeois d’Esperanto Wallonie) et sera publié dans le prochain numéro de Esperanto en Marche, nous vous le livrons ici :  

Conférence sur l’espéranto à l’ULB 

Une trentaine de personnes, dont une dizaine d’espérantophones ont apprécié une présentation et des échanges fort instructifs. L’organisatrice, Mme Francine Bolle a introduit les 2 conférencières.   

Kristin Tytgat, professeure émérite, philologue en langues germaniques et slaves de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) a présenté la place actuelle de l’espéranto en milieu académique en Europe. L’espéranto est la plus populaire, la plus usitée des langues planifiées. Elle est étudiée par la société d’interlinguistique présidée par la prof dr. Sabine Fiedler de l’Université de Leipzig, dans le 3ème cycle de l’Université de Poznan (Ilona Koutny) ; à Amsterdam dans la chaire dirigée par le prof. Frederico Gobo ; à la VUB elle a co-organisé un séminaire sur l’interlinguisme. Enfin, un Klubo a été fondé avec des étudiants de la VUB et de l’ULB. 

Elle a alors introduit Tabatha Fabri, historienne, diplômée d’un Master à l’ULB, qui a défendu son mémoire, intitulé L’internationalisme et la langue internationale « espéranto »: L’internationalisme, le sennaciismo et la nation dans les mouvements espérantistes, en 2023-2024 sous la direction de Nicolas Verschueren. Tabataha Fabri a développé un panorama historique en quatre temps :   

L’Espéranto, langue internationale créée en 1887 par un Juif polonais, ophtalmologue. Dès le début, l’espéranto est créé comme un projet philosophique (Hillelismo et homaranismo) et politique pour faire passer des idées de pacifisme, d’internationalisme, de solidarité entre les peuples, simplement d’humanisme. Quels sont ses liens avec les mouvements de gauche ? L’espérantisme est composé de divers mouvements. La déclaration du 1er Congrès universel de Boulogne sur mer (1905) clarifie la place de l’espérantisme et des mouvements politiques et prépare la création de U.E.A. « neutre » par Edmond Privat en 1908.   

La période anarchiste espérantiste (1904-1908), représentée par la communauté bruxelloise « L’Expérience » (voir foto) qui tente d’être autonome, donne des cours d’Esperanto, des conférences, publie des journaux. Eugène Gaspard (1883 1969) va rencontrer Emile Chapelier qui utilise les mots libertaire et anarchiste comme synonymes. 

L’association anationale mondiale SAT, créée au Congrès de Prague en 1921 regroupe des gens de gauche (communistes, socialistes, anarchistes, amis de la nature, féministes). Ils correspondent avec le monde entier,  et particulièrement avec l’Union Soviétique, et affirment un rejet radical et spécifique du nationalisme. Ce qui leur vaudra une interdiction en 1933 promulguée par Staline et par Hitler. 

• Enfin, l’après Seconde Guerre mondiale, afin de comprendre les enjeux du revirement neutralisant d’un mouvement qui cherche à se reconstruire après une interdiction. (Voir e.a. foto du Mondpaca Esperanto Movado contre les armes nucléaires) 

Cet historique s’est prolongé par un débat trop court ou de nombreuses questions ont été ouvertes : 

– parmi les espérantistes quel est encore la proportion de membres de SAT ou d’anationalistes ? Il n’existe pas de relevés statistiques du nombre d’espérantophones, ni du nombre d’anarchistes. UEA annonce des milliers de membres, et SAT des centaines. 

– on peut être membre de SAT sans être anationaliste, ou être nationaliste et internationaliste. 

– héritiers du tsarisme, les bolchéviques n’imaginaient pas l’URSS communiste en dehors de la domination russe. 

– si de nombreux travailleurs et syndicalistes ont appris l’esperanto car c’était le moyen le plus facile et le plus efficace pour communiquer avec des prolétaires du monde entier, est-ce que des syndicats et des Partis ouvriers ont envisagé d’utiliser l’esperanto ? 

Au sein d’UEA, s’organisent des associations de cheminots, de postiers, d’enseignants et de syndicalistes. 

– pourquoi la question linguistique, (apprentissage des langues, protection des cultures minoritaires) n’est pas débattue et est même exclue du champ politique habituel ? 

– … 

Actuellement doctorante à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, Tabatha Fabri y poursuit ses recherches sur l’espérantisme de gauche, en élargissant cette fois le cadre géographique de son étude. Ses travaux interrogent les dynamiques transnationales, les réseaux militants et les usages politiques de la langue espéranto dans les mouvements ouvriers. Elle a présenté ses recherches dans plusieurs congrès espérantistes, tels que Retoso, Virtuala Kongreso, SAT Kongreso, ainsi qu’aux Journées des jeunes historiens. Elle interviendra également au colloque Langues et Savoirs où elle présentera le rôle de l’espéranto comme outil pour une vision alternative de l’internationalisme. 

Le séminaire était organisé avec le soutien de la Faculté de Philosophie et Sciences sociales de l’ULB. 

Source : https://mallonge.net/13nov25   ESPERANTO EN MARCHE – 

Auskultebla en esperanto : prelego kiu prezentas grandan parton de la prelego en la franca kaj estis registrita antaux la fino de la tezo. 

MI ATENDAS de TABATHA kaj/aux la organizantoj (Francin Bolle) ligilon al artikolo aux resumo de la konferenco. 

Nous tenons à vous informer que le mouvement Espérantiste flamand accueillera l’exposition « Oorlogspropaganda weerstaan » avec Mme Morelli au Peace village à Mesen début février 2026. Weerstaan aan oorlog & propaganda – lezing em.prof. Anne Morelli – muzikaal omlijst in Mesen – UiTinVlaanderen https://share.google/3ELcXZqHBUYJ5P9Uj 

Publication du dernier dernier numéro des cahiers Jean Jaurès « Le « modèle »belge. Une inspiration pour le mouvement ouvrier européen (1870 -1930) »

Le dernier n° des cahiers Jaurès « Le « modèle » belge. Une inspiration pour le mouvement ouvrier européen (1870-1930) » est désormais disponible à l’adresse suivante:  Le « modèle » belge. Une inspiration pour le mouvement ouvrier européen (1870-1930) – Fondation Jean-Jaurès

Cette publication, coordonnée par Martin Georges (membre de notre Institut), reprend les actes de la journée d’étude autour du socialisme belge, tenue le 15 mars 2024 à l’ULB. Elle a été coorganisée par l’institut Marcel Liebman, l’unité de recherche Mondes modernes et contemporains de l’Université libre de Bruxelles (MMC – ULB), le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG), ainsi que la Société d’études jaurésiennes, grâce au soutien du Fonds national de la recherche scientifique belge (FNRS), de l’ULB-Faculté de Philosophie et Sciences sociales, de la Fondation Jean Jaurès et du centre Bibliothèque et archives de l’Institut Emile Vandervelde

L’objectif de cette journée d’étude fut d’étudier la représentation et la place du mouvement ouvrier belge dans l’espace européen. Plutôt qu’une étude de cas classique, centrée sur les composantes du mouvement ouvrier, les intervenants et intervenantes ont cherché à élargir la focale pour étudier, questionner, analyser, la place imaginaire et effective qu’occupa le mouvement ouvrier belge dans un cadre inter– et transnational.

Table des matières complète du numéro :

– Introduction, Jean Puissant et Martin Georges

– Exceptionnalité du socialisme belge dans le mouvement ouvrier international (1885-1914), Martin Georges

– Le « parti modèle » de la Deuxième internationale ? Influence du Parti ouvrier belge (POB/BWP) et de ses coopératives sur les organisations socialistes, Hendrik Defoort, Martin Georges

– Les rapports entre le Parti ouvrier belge et les syndicats avant la Première Guerre mondiale : un modèle belge ?, Francine Bolle

– Le POB face à la question congolaise dans une perspective internationale (1907-1908), Elisa Marcobelli

– Le mouvement ouvrier belge et l’OIT durant l’entre-deux-guerres :histoire d’une affinité élective, Adeline Blaszkiewicz-Maison

– Les Belges au cœur du Bureau socialiste international : d’un hommage à un bras de fer, 1900-1914, Andrea Benedetti

– Giacomo Matteotti dans l’ombre de Jean Jaurès ? Perspectives sur les symboles politiques dans le monde socialiste belge d’entre-deux-guerres, Jeoffrey Liénart

– Le « modèle » caché : socialistes belges et français au temps de Jaurès, Christophe Prochasson

Le modèle belge : une inspiration pour le mouvement ouvrier européen. Vendredi 15 mars 2024 (10h-16h30)

LE MODÈLE BELGE. UNE INSPIRATION POUR LE MOUVEMENT OUVRIER EUROPÉEN

Représentations et positions du mouvement ouvrier belge dans le mouvement ouvrier européen : modèle, réseaux, centre.

Journée d’étude – Université libre de Bruxelles – 15 mars 2024

L’objet de cette journée du 15 mars 2024 est d’étudier la représentation et la place du mouvement ouvrier belge dans l’espace européen. Plutôt qu’une étude de cas classique, centrée sur les composantes du mouvement ouvrier en Belgique, on cherchera à élargir la focale, l’échelle, pour étudier, analyser, la place imaginaire et effective qu’occupa le mouvement ouvrier belge dans un cadre inter- et transnational.

Pour penser les positions et les rôles respectifs du mouvement ouvrier, un ensemble de notions furent convoquées. Nous repartirons de celles-ci pour en interroger le sens et la portée.

Tout d’abord, une première table ronde reviendra sur la notion de « modèle » d’organisation – pensons notamment à la célèbre expression de « parti modèle » –, dont s’inspirerait ou qu’imiteraient des « mouvements frères ». Ensuite, nous étudierons la place et le rôle fantasmé et véritable des « réseaux », auxquels aurait appartenu le mouvement ouvrier en Belgique. À quel point ces réseaux furent-ils solides, efficaces, permanents ? À quoi tiennent-ils ? Enfin, nous reviendrons sur la place de la Belgique, notamment Bruxelles, comme centre d’un mouvement ouvrier international. Si la Belgique ou Bruxelles jouèrent le rôle de capitale ou de centre, s’agit-il d’un centre administratif, politique ou économique du mouvement ouvrier ? Et en quel sens ?

Evénement coorganisé par l’Unité Mondes modernes et contemporains, le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB et l’Institut Marcel Liebman, avec le soutien du FNRS et de la Faculté de philosophie et sciences sociales, et en collaboration avec la bibliothèque de l’Institut Emile Vandevelde.

Programme complet et informations pratiques ci-dessous

Entrée libre (pas d’inscription requise)

Lieu et horaire : Campus du Solbosch

  • 10h-13h15 : Salle Paul-Henri Spaak – Institut d’études européennes, 39 Avenue Franklin Roosevelt – 1050 Bruxelles.

  • 14h30-16h30 : Local AW1.121 – 50 Avenue Franklin Roosevelt – 1050 Bruxelles.

Plan du campus : https://www.ulb.be/fr/solbosch/plan-du-campus

Contact : Martin.georges@ulb.be

La journée d’étude sera suivie le samedi 16 mars d’une